LE FARON (pharanum en 732) se divise en deux parties :

  • La forêt communale, qui bénéficie d’un plan d’entretien
  • Des propriétés privées, pour une superficie beaucoup plus vaste et à l’abandon dans leur grande majorité

Trois attaques ont motivé la création de notre association en décembre 83.

1. Plusieurs dizaines d’hectares sur les pentes du Faron ont été achetés par des promoteurs.

Ces terrains, situés en zone non constructible IND, étaient menacés à cause de la révision du POS (Plan d’occupation des sols) qui prévoyait, dans un premier temps, le déclassement de 25 ha environ.

Cette situation a déterminé les premiers objectifs de l’association :

  • Opposition au déclassement des zones protégées
  • Maintien des zones non constructibles
  • Appel à la municipalité Arreckx afin qu’elle ne cède pas aux pressions.

Elle a également entraîné ses premières actions :

  • Création d’un large comité de soutien comprenant des personnalités toulonnaises, la majorité des CIL, les Fédérations de CIL et diverses associations
  • Conférences et campagnes de presse
  • Diffusion aussi large que possible du problème grâce au soutien de la plupart des associations préoccupées par l’environnement de Toulon : AVSANE (Association varoise de sauvegarde de l’agriculture, la nature et l’environnement), URVN (Union régionale pour la vie et la nature), UDVN (Union départementale vie et nature), Fédérations Est et Ouest des CIL
  • Lettres au maire, aux députés
  • Pétition sur la voie publique (plus de 12000 signatures)
  • Etablissement d’un premier dossier de classement du massif en février 84, envoyé au ministre de l’environnement
  • Entrevue avec la ministre, Madame H. Bouchardeau, très favorable à nos vues, le 10 juin 84
  • Envoi du dossier complet de demande de classement au ministère en juin 85
  • Table ronde avec le directeur de la DRAE (Direction régionale à l’Architecture et l’Environnement), l’architecte des bâtiments de France, l’adjoint à l’urbanisme, la Fédération des CIL de l’Est, l’AVSANE, l’URVN, l’UDVN en juin

2. Le projet de parc de loisirs

En octobre 84, présentation d’une brochure, Le Faron, An 2000, signée M. Louis Bernardi, Conseiller Général, qui propose la création d’un énorme parc de loisirs destructeur du site. Sont prévus hôtel de grand standing, restaurant de prestige, country club, golf, tir au pigeon d’argile, tennis, sans parler du toboggan d’eau et de la luge d’été…

Cette deuxième attaque déclenche de nouvelles actions (interventions dans la presse, lettres, etc.) couronnées de succès pour notre association, mais un nouveau projet voit le jour dès octobre 85. Il s’agit du ‘Faron d’ Eole’, version plus édulcorée et écologique du projet précédent. Apparemment, nos critiques ont porté. Cette fois, il est question « d’orgues naturelles, d’éoliennes » mais aussi « d’un train monorail de 6 kms pour balader les touristes , d’un espace  californien destiné à la clientèle haut de gamme » avec hôtel de 60 chambres, restaurant de prestige, golf, etc.

L’association se mobilise à nouveau pour rappeler, par voie de presse, qu’il faut respecter et protéger le Faron et pour refuser le projet d’une nouvelle route à double chaussée, utilisable dans les deux sens simultanément, qui passerait (mais ce n’est évidemment qu’un hasard !) par les terrains non constructibles acquis par les promoteurs.

3. La troisième attaque prend la forme d’une Vierge colossale en projet au sommet du Faron.

Le 28 février 1986, la Commission départementale des sites donne un avis favorable à la construction d’une statue gigantesque de Notre Dame d’Afrique, assortie de tout un complexe architectural. Seules, l’AVSANE, l’UDVN et l’URVN votent contre.

Notre association réagit par des conférences de presse et par l’envoi d’une lettre ouverte au maire et aux conseillers municipaux.

En mars 86, en A.G., vote d’une motion

  • concernant ces trois menaces (Les projets seront effectivement abandonnés)
  • demandant la mise en valeur pédagogique par le développement de classes vertes, la publication d’un dépliant sur la faune et la flore, la restauration du Fort Faron, etc
  • demandant à la municipalité de tout faire pour aboutir au classement du Massif en site protégé.

Le nouveau Maire, M. Trucy, finira par s’y rallier. L’enquête publique en juillet 89 sera favorable au périmètre de classement le plus grand, celui que nous soutenions.

Le projet de classement élaboré par notre association reçoit un avis favorable à l’unanimité de la commission supérieure des Sites, lors de sa séance du 23 nov. 89. Dans son rapport, l’Inspecteur général Petin écrit : « Depuis 1983, a fait un travail considérable et combien documenté pour sensibiliser l’opinion publique, les élus et l’administration (…). J’estime que les mérites d’une telle action doivent être distingués d’une façon officielle. ». Il réitère le 11 décembre 1989 en exprimant « ses félicitations aux services qui ont constitué un dossier remarquable ainsi qu’à la municipalité et aux associations qui ont œuvré dans le sens de la protection du site ».

Tous ces efforts aboutissent au classement du Faron à l’inventaire des sites en tant que patrimoine naturel, le 1er février 1991. Examiné en Conseil d’Etat, le classement est signé par le Premier Ministre, Monsieur M. Rocard, et le Ministre de l’Environnement, Monsieur Olivier Stirn.