Visite du Fort du Grand St Antoine

L’ADPF suite aux divers courriers signalant des infractions sur le site classé à proximité du fort du Grand St Antoine, a été invité à une rencontre par le propriétaire du fort. Ce fut chose faite le 11 décembre 2025 et en voici le compte-rendu.

Rdv pour une visite du Fort du Grand St Antoine (anciennement Fort Rouge ) le 11 décembre 2025

 Présents :

  • Représentants ADPF : J.P Calistri (président), Freddy Taieb (secrétaire), Evelyne Peyras, Fabienne Duley (membres du CA).
  • Représentants du Fort : Denis Le Priol (propriétaire), Albert Meuvret (projet de musée).

 

A – Présentations : Denis Le Priol nous dit être un collectionneur de véhicules militaires.  Il devient directeur de la société « Jeep village », en région parisienne, en 2021. Il a essayé de monter le « Musée de la Libération » au Muy, en vain. Il achète le Fort du Grand St Antoine en 2024.

Albert Meuvret se présente comme ancien officier de sapeurs-pompiers, président du CCFF (Comité Communal Feux de Forêt), historien ayant édité des livres et collectionneur de casques.

Le fort, construit en 1845, est classé monument historique en 2014. (Fort et glacis).

B – Projets : Denis Le Priol désire organiser des journées portes ouvertes pour le     08 mai (déjà fait cette année) ou le 22 août (libération du Fort), avec une reconstitution des combats.; ouvrir le site aux associations, aux locations de salle, aux écoles…

Il veut « rendre » aux Toulonnais l’accès au Fort, témoin de l’histoire de Toulon.

Albert Meuvret nous fait part de son projet d’un « Musée du casque » (casques civils et   militaires) fort de ses 3000 pièces qui font de sa collection une des plus grandes au monde.

C – Actions Engagées : – Depuis l’acquisition du Fort, grâce à la trentaine de bénévoles, priorité a été donné au nettoyage. En effet une multitude d’immondices jonchait le sol, s’entassait dans les bâtiments, la citerne, les conduites, les fossés, rendant la circulation à l’intérieur de l’édifice très difficile. Nous avons pu constater qu’il en reste encore ! Mais l’accès aux différents points du site se fait désormais aisément. Ce nettoyage a permis la mise au jour de voies condamnées, de divers objets historiques…

  • Le débroussaillage a été important lui aussi, permettant de limiter des infiltrations d’eau, certains bâtiments étant menacés par les racines et les branchages. Un gros pin a été conservé dans l’enceinte du fort, imposant sa silhouette.
  • L’Association de réinsertion, Tremplin, a œuvré dans le passé, entre autres, à la réfection des garde-fous, permettant une mise en sécurité.

D – Visite du Fort :

  • Entrée. Les murs extérieurs de l’enceinte montrent des impacts d’obus (tirés par les français pour libérer le Fort en 1944). Certains obus sont toujours dans la pierre. A terme la paroi sera restaurée pour éviter sa détérioration dans le temps, car le mur est fragilisé. Mais les impacts seront conservés car ils sont les témoins des combats engagés pour la libération du Fort.  Le pont-levis est désormais dormant. Le fronton a été refait.
  • Accès au système défensif (en haut du Fort). Nous découvrons une vue magnifique sur la rade de Toulon. Des garde-fous ont été refaits ou consolidés. A terme ils seront restaurés de façon plus esthétique. Certains murs de soutènements sont restaurés par des bénévoles tailleurs de pierre de formation. Le point est mis sur la difficulté à maintenir propre, car la végétation repousse très vite.
    La Tour de l’Uba, qui se profile en contre-haut dans la colline, permettait de surveiller la vallée de Dardennes et prévenir le Fort d’une éventuelle attaque par l’ouest.
    Nous visitons une salle dont les murs sont décorés, mais faute d’entretien, les peintures sont en piteux états. Restauration sera faite, normalement après autorisation des services concernés.
    Un système de détection d’avions et de calcul de leur position est encore en état malgré les tirs d’obus.
    Un pylône trône au-dessus du Fort. A terme il sera démonté, mais pour l’instant aucune solution n’a été trouvée pour le faire en toute sécurité.
  • Le magasin à poudre et son système d’aération en coursive.
  • Denis Le Priol nous fait part de son projet de présentation de différents documents et photos se rapportant à l’histoire du Fort dans cette très grande salle. Ainsi que son envie de louer cette salle pour des réunions ou des événements.
  • La salle du groupe électrogène. Là encore on trouve des fresques murales qui seront conservées. Un accès a été dégagé, car comblé par de la terre, afin de permettre de découvrir un autre bastion.
  • L’incinérateur. Nous faisons la visite par le bas et découvrons la superficie du Fort.
  •  La piscine.  De l’époque des français et ses tags. Plusieurs vestiges de bâtiments nous sont présentés.
  • Allée de l’alphabet sémaphore. Sur le mur d’enceinte une série de silhouettes noires peintes représentant l’alphabet. Denis Le Priol nous dit son envie de les restaurer. Sur le mur d’en face des impacts d’obus témoins des combats.
  • Garage et son auvent perforé par les obus. Il sera repeint comme à l’origine mais les impacts seront conservés pour mémoire.
  • Maison des officiers. Actuel point d’accueil pour les bénévoles.
  • Les latrines et prison. Beaucoup de restauration à prévoir, car au fil du temps le bâti a été modifié. Un mât des couleurs a été dressé au-dessus de la porte d’entrée. (pas d’origine et pas à sa place non plus).
  • Les aubettes. Postes de garde dans la marine. A terme permettront de recevoir des associations. Pour l’instant une aubette est fermée car les poutres pourries ne soutiennent plus bien le toit.
  • Série de 5 salles en voûte. Servira au musée du casque. En sous-sol se trouve la citerne.
  • Dortoirs et garage. Encore des fresques murales avec St Antoine et son cochon. D’où la représentation du cochon partout sur les murs. Des véhicules militaires sont entreposés. Véhicules appartenant à Denis Le Priol et qu’il loue, par le biais de sa société, pour des productions cinématographiques ou des reconstitutions militaires. Nous avons vu la voiture de « La 7ème compagnie », une moto Harley Davidson qui apparaît dans plusieurs films italiens, side-car et autres Jeeps.
  • Futur musée du casque. Dans les anciens locaux des Archives du Service Historique de la Défense car propriété à l’époque de la Marine Nationale (après la 2nde guerre mondiale et jusqu’en 2011). Le musée présentera la collection de casques d’Albert Meuvret : casques militaires ou civils (gendarmerie, armée, pompiers, secours, résistants…), du monde entier et de toutes les époques. Les casques étant des protège-têtes, Albert Meuvret bénéficie d’un parrainage honorifique de l’Association des Gueules Cassées.

13h Fin de la visite.